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Acompte sur devis bâtiment : combien demander et comment le facturer

Acompte devis bâtiment : quel pourcentage demander, comment rédiger la facture d'acompte conforme et gérer la TVA et la retenue de garantie en 2026.

JS
Jérémy Schmitt
Fondateur de Nexartis, à l'écoute des artisans du BTP
18 juin 20269 min de lecture

Sur un chantier de bâtiment, l'acompte standard se situe entre 30 et 40 % du montant du devis, demandé à la signature pour couvrir l'achat des matériaux et sécuriser votre trésorerie. Aucune loi ne fixe de pourcentage minimum ni de plafond : le taux est librement défini d'un commun accord entre vous et le client, sauf cas particuliers comme le contrat de construction de maison individuelle. En revanche, dès que vous encaissez un acompte, l'émission d'une facture d'acompte conforme devient obligatoire.

Cet article répond aux trois questions concrètes que se posent les artisans : quel montant réclamer, comment rédiger la facture d'acompte sans erreur, et comment articuler le tout avec la TVA et la retenue de garantie.

Pourquoi demander un acompte sur un devis bâtiment

Un acompte n'est pas une marque de défiance envers le client, c'est une pratique de gestion saine. Il vous permet de financer l'achat des matériaux sans avancer la trésorerie sur vos fonds propres. Sur un chantier de plusieurs milliers d'euros, cette avance évite le découvert bancaire entre la commande des fournitures et le premier paiement.

L'acompte engage aussi le client de façon ferme. Contrairement aux arrhes, qui autorisent chacun à se rétracter, l'acompte scelle un engagement définitif des deux parties. Le client qui renonce ne récupère pas la somme versée, et vous restez tenu de réaliser les travaux convenus.

Enfin, un acompte filtre naturellement les demandes peu sérieuses. Un client qui accepte de verser 30 % à la signature a réellement l'intention de lancer le chantier. C'est un signal utile quand votre carnet de commandes se remplit et que vous devez prioriser.

L'acompte sécurise votre trésorerie et engage fermement le client. C'est l'outil le plus simple pour éviter d'avancer les matériaux de votre poche tout en vous protégeant des annulations de dernière minute.

Acompte ou arrhes : une distinction qui change tout

Beaucoup d'artisans utilisent les deux mots comme des synonymes. Juridiquement, ce sont deux mécanismes opposés, et la confusion peut vous coûter cher en cas de litige.

Les arrhes ouvrent un droit de rétractation. Si le client se désiste, il perd la somme versée. Mais si c'est vous qui renoncez, vous devez lui restituer le double. À l'inverse, l'acompte engage fermement : aucune des deux parties ne peut se dédire sans s'exposer à une exécution forcée ou à des dommages et intérêts.

Le piège tient à une règle du Code de la consommation : pour un contrat entre un professionnel et un consommateur, les sommes versées d'avance sont présumées être des arrhes au sens de l'article 1590 du Code civil, sauf mention contraire écrite. Autrement dit, si votre devis ne précise rien, le client peut considérer son versement comme des arrhes et se rétracter.

  • Indiquez explicitement le mot "acompte" sur le devis et sur la facture d'acompte
  • Précisez le montant exact et le pourcentage appliqué
  • Mentionnez que ce versement vaut engagement ferme de commande
  • Datez et faites signer le devis avant tout encaissement

La règle est détaillée sur le site officiel de l'administration française et sur Légifrance, à consulter en cas de doute : arrhes et acompte sur service-public.fr et article 1590 du Code civil sur Légifrance.

Combien demander : pourcentages conseillés par type de chantier

Il n'existe aucun pourcentage imposé par la loi pour les marchés privés courants. Vous êtes libre de fixer le taux, et un artisan peut théoriquement demander jusqu'à 100 % d'avance. En pratique, un acompte trop élevé fait fuir le client, et un acompte trop faible vous laisse exposé sur les matériaux.

Le bon curseur dépend du montant du chantier, de la part de fournitures et de la durée. Plus la facture de matériaux est lourde en début de chantier, plus l'acompte se justifie. Le tableau ci-dessous donne des repères usuels observés dans le bâtiment.

Type de chantierAcompte conseilléJustification principale
Petit dépannage (< 1 000 €)0 à 20 %Faible avance matériaux, paiement rapide
Rénovation courante (1 000 à 10 000 €)30 %Standard du secteur, couvre les fournitures
Gros œuvre / chantier long30 à 40 %Matériaux lourds commandés en amont
Chantier avec équipements sur mesure40 à 50 %Fabrication spécifique non revendable
Contrat de construction de maison individuelleEncadré par la loiÉchéancier réglementé, plafonds spécifiques

Pour les chantiers longs, ne vous limitez pas à un seul acompte. Prévoyez des acomptes intermédiaires ou une facturation à l'avancement, validés à chaque étape par le client. Cette approche lisse votre trésorerie et limite l'impayé final.

Si vous construisez vos devis avec méthode, la question de l'acompte se règle dès la rédaction. Notre guide dédié vous montre comment structurer un devis propre, étape par étape : comment faire un devis bâtiment.

La facture d'acompte : une obligation, pas une option

Dès que vous encaissez un acompte, vous devez émettre une facture d'acompte. Ce n'est pas un simple reçu : c'est un document comptable qui ouvre des droits et des obligations, notamment en matière de TVA. L'oublier vous expose à un redressement.

La facture d'acompte doit comporter des mentions précises. Elles reprennent l'essentiel d'une facture classique, avec quelques spécificités liées à sa nature partielle.

  • La mention "facture d'acompte" et un numéro de facture unique et séquentiel
  • La date d'émission et la référence au devis ou bon de commande signé
  • L'identité complète des deux parties (raison sociale, adresse, SIRET)
  • Le montant de l'acompte en HT, le taux et le montant de TVA, le total TTC
  • Le numéro de TVA intracommunautaire si vous êtes assujetti
  • Les conditions et la date prévue d'exécution des travaux

Quand le chantier se termine, vous émettez la facture de solde. Elle reprend le montant total des travaux, puis déduit l'acompte déjà facturé pour ne réclamer que le reste à payer. Cette déduction doit apparaître clairement, ligne par ligne, pour que la comptabilité du client soit juste.

La facture d'acompte est obligatoire dès le premier euro encaissé. Une numérotation continue (devis, acompte, solde) et une déduction explicite de l'acompte sur la facture finale évitent les litiges comptables et les questions du client.

Exemple chiffré : de l'acompte au solde

Rien ne vaut un cas concret pour visualiser l'enchaînement. Prenons un devis de rénovation de 10 000 € TTC dans un logement de plus de deux ans, au taux de TVA de 10 %, avec un acompte de 30 % demandé à la signature.

Le devis se décompose ainsi : 9 090,91 € HT, 909,09 € de TVA à 10 %, soit 10 000 € TTC. L'acompte de 30 % représente 3 000 € TTC, dont 2 727,27 € HT et 272,73 € de TVA. Cette TVA de 272,73 € est exigible dès l'encaissement de l'acompte et doit être déclarée sur la période concernée.

ÉtapeBase HTTVA 10 %Montant TTC
Devis total9 090,91 €909,09 €10 000,00 €
Facture d'acompte (30 %)2 727,27 €272,73 €3 000,00 €
Facture de solde (à la réception)6 363,64 €636,36 €7 000,00 €

À la réception du chantier, la facture de solde reprend le total des travaux (10 000 € TTC) et déduit l'acompte déjà facturé (3 000 € TTC), pour un reste à payer de 7 000 € TTC, dont 636,36 € de TVA encore à collecter. Sur l'ensemble du chantier, vous aurez bien collecté 909,09 € de TVA, répartis entre les deux factures. La déduction de l'acompte doit figurer en clair sur la facture finale.

Facture d'acompte ou facture de situation : ne pas confondre

Sur les marchés à l'avancement, fréquents dans le BTP, deux logiques de facturation coexistent et ne se gèrent pas de la même façon.

La facture d'acompte est une avance encaissée avant ou en début de chantier, sans correspondance avec des travaux déjà réalisés. La facture de situation, elle, facture des travaux effectivement exécutés à une date donnée, généralement constatés par un état d'avancement validé par le client ou le maître d'œuvre. On parle alors de facturation « à l'avancement » : chaque situation correspond à un pourcentage de travaux réellement réalisés. La dernière situation, à la réception, solde le marché.

La distinction compte pour la TVA et le suivi comptable : un acompte est une avance, une situation constate une exécution. Sur un chantier long, structurer le marché en situations successives lisse votre trésorerie tout en gardant une traçabilité fine de ce qui a été réalisé. Notre logiciel gère ces deux formats sans que vous ayez à jongler avec des modèles séparés.

L'encadrement de l'acompte en CCMI et en VEFA

Deux contrats échappent à la liberté de fixation de l'acompte et imposent un échéancier légal strict, à connaître si vous intervenez sur ce type d'opérations.

Le contrat de construction de maison individuelle (CCMI) suit l'échéancier de l'article R. 231-7 du Code de la construction et de l'habitation : les versements sont plafonnés par étape, jusqu'à 15 % à l'ouverture du chantier, 25 % à l'achèvement des fondations, 40 % à l'achèvement des murs, 60 % à la mise hors d'eau, 75 % à l'achèvement des cloisons et mise hors d'air, 95 % à l'achèvement des travaux d'équipement, et le solde de 5 % à la réception. Lorsque le constructeur ne fournit pas de garantie de remboursement, le dépôt de garantie à la signature est plafonné à 3 % du prix, consigné sur un compte bloqué.

La vente en l'état futur d'achèvement (VEFA) obéit elle aussi à un échéancier réglementé, plafonné selon l'avancement (par exemple 35 % à l'achèvement des fondations, 70 % à la mise hors d'eau, 95 % à l'achèvement de l'immeuble). Hors de ces deux régimes encadrés, vous restez libre de négocier l'acompte avec votre client.

La TVA sur l'acompte : exigible dès l'encaissement

C'est le point que beaucoup d'artisans manquent. Depuis le 1er janvier 2023, la TVA sur un acompte est exigible dès l'encaissement de la somme, que ce soit pour une prestation de services ou une livraison de biens. Vous devez donc déclarer cette TVA sur la période où vous recevez le paiement, et non à la fin du chantier.

Concrètement, votre facture d'acompte doit faire apparaître la TVA correspondante au taux applicable à vos travaux. Pour les particuliers, ce taux est souvent 10 % en rénovation ou 5,5 % en rénovation énergétique, sous réserve de porter la mention de certification désormais exigée sur le devis et la facture (l'attestation papier ayant été supprimée en 2025). La facture de solde reprendra ensuite la TVA sur le montant total, en déduisant celle déjà collectée sur l'acompte.

Une erreur classique consiste à émettre une facture d'acompte "hors TVA" en pensant régulariser plus tard. C'est une faute : la TVA collectée sur l'acompte doit être reversée à l'État sur la bonne période. Les règles officielles figurent sur le portail de l'administration et au BOFiP : TVA, fait générateur et exigibilité au BOFiP.

La retenue de garantie de 5 %

Sur certains marchés de travaux, le client peut appliquer une retenue de garantie de 5 % sur les sommes dues. Encadrée par la loi du 16 juillet 1971, elle sert à couvrir d'éventuelles malfaçons constatées à la réception du chantier. Elle ne se confond pas avec l'acompte : l'acompte est une avance que le client vous verse, la retenue de garantie est une somme qu'il conserve temporairement.

Trois règles protègent l'artisan et méritent votre attention.

  • La retenue de garantie doit être prévue expressément dans le contrat ; sans clause écrite, le client ne peut pas l'appliquer
  • La somme retenue doit être consignée auprès d'un tiers (consignation) ou remplacée par une caution bancaire, et non simplement gardée par le client
  • À l'expiration d'un an après la réception des travaux, la somme vous est versée si aucune réserve motivée n'a été notifiée

Si le client n'a pas consigné la retenue auprès d'un dépositaire, vous pouvez en exiger le paiement même en présence de réserves. Le détail de la loi est consultable sur Légifrance : loi du 16 juillet 1971 sur la retenue de garantie. Pensez à proposer une caution bancaire en alternative à la consignation : elle libère votre trésorerie tout en rassurant le client.

Un modèle de clause d'acompte à insérer dans vos devis

Une clause claire évite la plupart des malentendus. Elle transforme votre versement en acompte ferme et coupe court à toute interprétation en arrhes. Adaptez le texte ci-dessous à votre situation et faites-le figurer dans les conditions de votre devis.

Clause d'acompte. La signature du présent devis vaut commande ferme et définitive. Un acompte de 30 % du montant total TTC, soit [montant] €, est exigible à la signature et conditionne le démarrage des travaux. Cette somme constitue un acompte au sens du Code civil, et non des arrhes : elle engage les deux parties sans faculté de dédit. Le solde sera réglé à la réception des travaux, déduction faite de l'acompte versé.

Cette clause sécurise votre démarrage de chantier et clarifie la nature juridique du versement. Si vous gérez plusieurs devis par semaine, automatiser cette mention vous évite de l'oublier et de retomber dans le régime des arrhes par défaut.

Gérez vos acomptes sans erreur avec Nexartis

Calculer le bon pourcentage, générer une facture d'acompte conforme, déduire correctement l'acompte sur la facture de solde et déclarer la TVA au bon moment : ces étapes laissent peu de place à l'approximation. C'est précisément ce que Nexartis automatise pour les artisans du bâtiment.

Le logiciel génère vos factures d'acompte avec les mentions légales obligatoires, calcule la TVA exigible, fait signer vos devis en ligne et déclenche des relances automatiques sur les soldes non réglés. Vous suivez vos chantiers, votre planning et votre trésorerie depuis une seule interface française.

L'essai est gratuit pendant 14 jours sans engagement, puis les abonnements démarrent à 15 €/mois. Découvrez les fonctionnalités sur la page logiciel de devis et factures ou consultez les tarifs en détail.

Questions fréquentes

Quel pourcentage d'acompte demander sur un devis bâtiment

Aucun pourcentage n'est imposé par la loi pour les marchés privés courants : le taux est fixé d'un commun accord. En pratique, 30 % est le standard du secteur, et l'on monte à 40 voire 50 % quand les matériaux sont lourds ou fabriqués sur mesure.

L'acompte sur un devis bâtiment est-il obligatoire

Non, demander un acompte est une faculté, pas une obligation. En revanche, dès que vous en encaissez un, l'émission d'une facture d'acompte devient obligatoire et la TVA correspondante est exigible immédiatement.

Quelle différence entre acompte et arrhes pour un artisan

L'acompte engage fermement les deux parties, sans rétractation possible. Les arrhes autorisent le dédit : le client perd la somme s'il renonce, vous la remboursez au double si vous renoncez. Précisez toujours par écrit qu'il s'agit d'un acompte, sinon le versement est présumé être des arrhes au sens de l'article 1590 du Code civil.

Faut-il facturer la TVA sur un acompte

Oui. Depuis le 1er janvier 2023, la TVA sur acompte est exigible dès l'encaissement, pour les services comme pour les biens. Votre facture d'acompte doit donc faire apparaître la TVA au taux applicable à vos travaux, déclarée sur la période de l'encaissement.

Comment fonctionne la retenue de garantie de 5 %

Prévue par la loi de 1971, elle permet au client de retenir 5 % des sommes dues pour couvrir d'éventuelles malfaçons. Elle doit être inscrite au contrat et consignée auprès d'un tiers. La somme vous est restituée un an après la réception si aucune réserve motivée n'a été notifiée. En cas d'impayé sur le solde, voyez aussi notre guide sur la relance de facture impayée.